Henri de Latouche

Henri de Latouche

Résumé

Portrait de Henri de Latouche Henri de Latouche Les Poètes du terroir

Quoi ! jamais ? Dédaigneux de ton humble mémoire,
La lyre ou les pinceaux n’apprendront à la gloire
Quel nom te fut cherché dans les antres profonds,
Dans les flots écunieux, dans les gouffres sans fonds,
Ton nom mystérieux : la Creuse ?
Oh ! vers nos rives
Ramenez sans dédain vos traces fugitives,
Orgueilleux voyageurs qui, par d’âpres chemins,
Vous ouvrez l’Helvétie ou les tombeaux romains ;
Enchaînez votre amour sous le ciel bleu des Gaules.
Rome, j’ai vu le Tibre : et là-bas, sous des saules,
Du fleuve paternel que les bords sont plus beaux !
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Portrait de Henri de Latouche Henri de Latouche Les Poètes du terroir

À la ville ? Tes flots voudraient-ils, dans leur cours,
Désaltérer l’esclave ou le tyran des cours ?
À la mer ? Quoi ! ton onde et si douce et si claire
Apprendrait à mugir et deviendrait amère ?
Qui, toi, porter la crainte aux pâles matelots !
Enferme en nos déserts tes destins et tes flots :
Reste avec deux amis ; longtemps leur paix profonde
Verra tes bords en fleurs et le ciel dans ton onde.
Et peut-être, enchaînant des destins éternels.
Ton cours réfléchira deux tombeaux fraternels.
Vallée aux Loups, Souvenirs et fantaisies, 1833.
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Portrait de Henri de Latouche Henri de Latouche Les Poètes du terroir

Fille des vieux rochers, onde claire et rapide,
Source qui n’as jamais, sur tes bords escarpés,
Vu les enfants des arts de leur gloire occupés,
Ni le peintre essayer les crayons historiques,
Ni le barde chercher sous quels gazons rustiques
Dorment les oppresseurs que la ronce a couverts,
Jamais ton nom français n’a brillé dans un vers !
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