Georges Feydeau

Georges Feydeau

Résumé

Portrait de Georges Feydeau Georges Feydeau,  Le Colis

“ « Rendez-le moi vous dis-je. » Un vieux me fait : « Courage ! »
En me serrant les mains. « Mais voyons, c’est mon bien ! »
Et le monsieur ajoute « Ah vous l’aimiez donc bien ?
« Hélas c’est une perte immense, irréparable,
« Et sa vie, ah monsieur, quelle vie honorable !
« Pour le bonheur de tous le destin le créa.
« Il se fit adorer jusque dans Nouméa »
— Allez au diable là, tous autant que vous êtes !
« J’ai bien le temps vraiment d’écouter vos sornettes !
« Croyez-vous que le train va m’attendre là-bas ?... »
Hélas ! j’avais raison, le train n’attendit pas.
”
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Portrait de Georges Feydeau Georges Feydeau,  Le Colis

“ Chaque fois que d’un train s’opère un changement.
Là l’homme se découvre, et la femme se signe ;
Et près de moi, partout, on crie : « Ah c’est indigne ! »
Car plus d’un se révolte en voyant sans façon
Bousculer mon objet et le mettre au fourgon
Comme un simple bagage. Et même pris au piège,
Un gros monsieur cagot, hurle « Quel sacrilège !
« Nous allons dérailler ! » Je pouffais pour ma part.
Ainsi nous arrivons jusqu’à Montélimar.
La grande foule et pas la foule habituelle
Hommes en habit noir, tenue officielle,
Qu’est-ce ? Dans tout le train, grande agitation.
”
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Portrait de Georges Feydeau Georges Feydeau,  Le Colis

“ Je saute à bas du train et précipitamment
Sur ces gens stupéfaits et gardant le silence.
Furieux, sans chapeau, comme un fou je m’élance :
« Arrêtez ! c’est à moi ! » — Je saisis le cercueil. —
« Rendez-le moi ! »... Des gens ont des larmes à l’œil
Et tous de s’écarter avec respect. J’enrage
”
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