Gustave Flaubert

Gustave Flaubert

Résumé

Portrait de Gustave Flaubert Gustave Flaubert Le Moine des Chartreux

« Maintenant, pensait-il en regardant la lune qui se reflétait sur les barreaux de sa cellule et sur le christ d’étain suspendu à son lit, maintenant il y en à qui vivent heureux et contents, sans penser à la veille, au lendemain, à la vie, à l’éternité, et qui vivent pour le jour dont ils recueillent les joies comme le parfum qui s’exhale d’une fleur. Mais partons ! tout dort, le jour va bientôt venir (à peine était-il minuit) », et il lui semblait que l’aube pénétrât dans sa cellule ainsi que son anneau, souvenir du monde, qui allait habiter avec lui dans le tombeau de sa vie.
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Portrait de Gustave Flaubert Gustave Flaubert Le Moine des Chartreux

En effet, n’était-il pas naturel que ce pauvre homme, qui n’avait pas la réalité pour jouir, souhaitât des illusions pour rêver ? Et on savait dans le couvent que cet anneau de prieur se rattachait à des souvenirs de jeunesse et d’amour, dont sa piété n’avait pu se défaire, car après la passion abattue il reste dans le cœur de l’homme des racines inviolables qui se rattachent à d’anciens souvenirs comme le lierre qui, pourtant mort, embrasse le chêne sur lequel il a grandi !
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Portrait de Gustave Flaubert Gustave Flaubert Le Moine des Chartreux

Oh ! continuait Bernardo en regardant la forêt, là dedans peut-être se promène un jeune homme qui aspire à longs traits sa vie de bonheur, contemplant avec amour et extase un ciel pur et azuré, couvert de sa robe dorée ; il peut porter au loin ses yeux où respirent la vigueur et l’avenir, sans qu’ils retombent avec dédain sur les barreaux de la cage d’un homme !
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