Jules de Saint-Félix

Résumé

Jules de Saint-Félix Revue des Deux Mondes

Vous n’avez jamais vu de cheval plus rapide
Que Pallas ma cavale, ainsi qu’on l’appela
Un jour que, la première, au terme elle vola.
Eh bien ! elle naquit (oh ! l’indigne origine !)
Chez un pâtre ignorant du rivage d’Égine,
Qui la laissait errer dans des marais bourbeux,
Parmi de grands troupeaux de brebis et de bœufs,
Entravait ses beaux pieds d’une indigne lanière,
Et laissait les buissons arracher sa crinière.
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Jules de Saint-Félix Revue des Deux Mondes

Une plus noire tête avec de plus beaux yeux,
Jamais enfant venu d’Asie en nos montagnes
N’eut un jarret plus sûr et des crins plus soyeux.
Ta robe est fine et rare, et ta croupe arrondie,
Et ton cou recourbé comme un arc nubien.
Quand tu pars, on se dit : « C’est la jeune étourdie,
» C’est Morica la folle... oh ! qu’elle saute bien ! »
Saute, saute ma belle, et galope et dévore
Le chemin déroulé comme un large ruban ;
À toi deux boisseaux d’orge, à toi, la belle Maure,
Un bouquet d’émeraude, aigrette de turban.
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