Le Bonheur (1868)

Résumé

Le Bonheur (1868)

Je vais, dit Mohammed, à Sadi que j'estime,
De mes doutes nombreux où mon esprit s'abîme
Confier le secret et peindre sans détour
Mes regrets, mes ennuis grandissant chaque jour.
J'ai cherché vainement dans le pouvoir suprême
Ce qu'Allah peut donner au plus pauvre qu'il aime.
Lorsque l'ambition s'empara de mon coeur,
Au rang que j'enviais, j'attendais le bonheur,
Mais le bonheur fuyait trompant mon espérance
De le fixer un jour, ainsi que ma puissance.
Source : Gallica

Le Bonheur (1868)

Sadi, je l'ai compris, vous voulûtes connaître Ce lion rugissant qu'on nomme votre maître. Il vous plut d'essayer votre pouvoir sur lui ; Grâce à votre raison le désespoir a fui ; Sur mes sens emportés j'ai pu garder l'empire, Je le dois aux leçons dont votre esprit s'inspire; Mais je n'ai cependant pu trouver le bonheur. Allah qui le promet nous met-il dans l'erreur?
Non, Seigneur, non, sans doute, et Sadi vous l'assure,
Dieu ne mérite pas une semblable injure.
Source : Gallica

Le Bonheur (1868)

Le ruisseau qui s'écoule en ses riantes rives, Où se mirent les fleurs et les plus verts gazons, Est l'emblème parfait des jouissances vives Que dans nos jeunes ans souvent nous éprouvons. Mais le cours est moins calme éloigné de la source, Il trouve à chaque pas des obstacles nombreux ; Il est plus agité, plus troublé dans sa course, C'est alors le portrait d'un âge moins heureux.
Source : Gallica

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