Résumé

Portrait de Paul Bourget Paul Bourget Le Parnasse contemporain/1876

Dans le ciel du couchant, délicat, tendre et clair,
Une étoile faisait trembler sa douce flamme,
Et tes yeux souriants et calmes avaient l’air
De laisser transparaître et luire ta chère âme.
Dans ton petit jardin nous marchions pas à pas,
Et moi je savourais l’émotion profonde
De sentir sur mon bras s’abandonner ton bras.
Oh ! dis ! — nous croyais-tu, comme moi, seuls au monde ?
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Portrait de Paul Bourget Paul Bourget Le Parnasse contemporain/1876

J’ouvrais à pleins poumons ma poitrine profonde
Aux vents qui se roulaient sur les arbres en fleur,
Et je sentais aussi la jeunesse du monde
Refleurir dans mon cœur.
O toi qui veux, touchant à la terre qui crée,
Reprendre un peu de force avant les durs combats
Et boire un coup de vin à la coupe sacrée,
N’aime pas ! — N’aime pas !
Brise ta chaîne, esclave, et, seul, avec courage,
Sans attendrissements, sans remords et sans fiel,
Viens courir dans les prés comme un cheval sauvage
Sous la beauté du ciel.
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Portrait de Paul Bourget Paul Bourget Le Parnasse contemporain/1876

Longtemps, à chaque éclat de sa gaîté menteuse,
Quand elle jettera ses deux bras à mon cou,
Tour à tour familière et tour à tour boudeuse,
Je penserai qu’elle a le cœur je ne sais où.
Je ne sais où ! — parmi les pays de ses songes.
Là seulement fleurit son étrange idéal,
Là tout en elle est triste et libre des mensonges
Dont elle s’est masquée en entrant dans le mal.
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