Pierre Corneille,
Excuse à Ariste (éd. Marty-Laveaux…
“ Jugez vous-même, Ariste, à cette douce amorce, Si mon génie étoit pour épargner sa force : 90 Cependant mon amour, le père de mes vers, Le fils du plus bel œil qui fût en l’univers, À qui désobéir c’étoit pour moi des crimes, Jamais en sa faveur n’en put tirer deux rimes : Tant mon esprit alors, contre moi révolté, 95 En haine des chansons sembloit m’avoir quitté ; Tant ma veine se trouve aux airs mal assortie, Tant avec la musique elle a d’antipathie [17] , Tant alors de bon cœur elle renonce au jour. Et l’amitié voudroit ce que n’a pu l’amour ! ”
