Pierre Corneille,
La Poésie à la Peinture, en faveur de l’Académie des peintres illustres
“ Je vois, je vois déjà dans ton académie, Par de royales mains en ces lieux affermie, 90 Tes Zeuxis renaissants, tes Apelles nouveaux, Étaler à l’envi des chefs-d’œuvres si beaux, Qu’un violent amour pour des choses si rares Transforme en généreux les cœurs les plus avares, Et les précipitant à d’inouïs efforts, 95 Fait dérouiller les clefs des plus secrets trésors. Je les vois effacer ces chefs-d’œuvres [12] antiques, Dont jadis les seuls rois, les seules républiques, Les seuls peuples entiers pouvoient faire le prix, Et pour qui l’on traitoit les talents de mépris [13] ”
