Résumé

Portrait de Théodore de Wyzewa Théodore de Wyzewa Les Écrits posthumes d’un vivant

Nietzsche, ayant à écrire un éloge de Wagner, résume pour son usage personnel son opinion sur le maître qu’il doit exalter. Et ce qu’il en dit, les réserves qu’il fait, ce sont autant de coups de griffe d’une férocité implacable. Ce n’est point la haine de Wagner qui ressort de ces pages, comme du Cas Wagner, c’est un mépris profond et instinctif pour un artiste qui ne sait pas raisonner, qui se prend lui-même et son art infiniment trop au sérieux, qui n’est au fond qu’un acteur de génie, tandis qu’il se croit appelé à régénérer l’humanité.
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Naguère encore, bien qu’il fût déjà muet et que toute pensée se fût éteinte en lui, il pouvait se promener, s’asseoir à table ; quand on l’appelait par son nom il relevait la tête et un éclair de vie passait dans ses yeux. Mais à présent cela est fini aussi. Rien d’humain ne subsiste plus chez le théoricien du super-homme ; c’est une âme et un corps en décomposition.
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La vérité est tout autre : nous la savons maintenant par la publication de ces notes posthumes. La vérité est que dès 1871, dès avant la Naissance de la tragédie, Nietzsche, tout en se sentant attiré vers Wagner par un charme irrésistible, protestait déjà, au secret de son cœur, et épanchait sur ses cahiers de brouillons, des sentiments analogues à ceux qu’il a plus tard si fortement amplifiés dans son Cas Wagner.
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