Émile Verhaeren

Émile Verhaeren

Résumé

Portrait de Émile Verhaeren Émile Verhaeren LES GRANDS MANGEURS

Seul, le ferblantier, vidant un dernier broc,
De tous les brocs vidés augmente encor le nombre ;
Chacun s’en va, ayant bu fort, ayant bu trop.
Sixtus, veilleur de nuit, aux carrefours écoute
De grands pas inégaux heurter, au loin, les routes ;
Tandis qu’au bout de ton bâton,
Sous l’enseigne des « Cent Frelons »,
Tu ballottes, comme affolée,
Pauvre vessie étrange et dégonflée.
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Portrait de Émile Verhaeren Émile Verhaeren LES GRANDS MANGEURS

L’ample hôtesse, dont les chairs reluisent et bougent,
Travaille, à larges bras, dans l’or des fourneaux rouges,
Incendiant la sauce avec des piments frais ;
Sa claire et fraîche humeur ne se lasse jamais ;
Elle prodigue le sel et le poivre à la livre,
Pour qu’aux tables, là-bas, les brocs entreheurtés
Soient largement vidés à la santé
Des autres brocs qui les vont suivre.
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