Résumé

Portrait de Alphonse Karr Alphonse Karr Histoire de deux hommes riches

Quand on fit tant de bruit du paulownia imperialis, qui, semblable aux enfants trop spirituels, finit en grandissant par n’être qu’un catalpa, nous le connaissions depuis longtemps, et nous l’avions vu fleurir dans notre jardin des Plantes, lorsque personne en Europe ne savait encore son existence. On nous pardonnera d’avoir été un peu trop fiers de notre paulownia qui, après tout, est un arbre d’une admirable végétation tant qu’il est jeune, et conserve pour sa décrépitude l’honneur d’être encore semblable à l’un de nos plus beaux arbres de pleine terre.
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Je suis revenu triste, et j’ai voulu revoir son ancien jardin, celui qu’il est heureux d’avoir quitté. — Il m’a pris de suite une grande frayeur : c’est de devenir riche aussi par hasard, à mon tour, — c’est de devenir propriétaire, c’est de perdre mon beau jardin du Luxembourg, c’est d’être forcé de vivre dans quelque carré entouré de murs, et, qui pis est, d’en être heureux, d’en être fier.
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Jamais vous n’imagineriez quelle joie il ressent d’avoir changé contre cette futaille les grands bassins de marbre des Tuileries ; sans compter que ladite futaille lui donne toutes sortes de soucis quand le soleil la dessèche et en disjoint les cercles, tandis que l’on curait ou réparait autrefois ses bassins de marbre blanc sans qu’il eût à s’en préoccuper le moins du monde.
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