Résumé

Mémoires du Muséum d’histoire naturelle

C’est ainsi du moins que M. Thouin conçut la nature de sa place, et d’après ce plan qu’il s’en traça les devoirs. La botanique, toute l’histoire naturelle lui paroissoient telles qu’elles doivent être, telles que Linnæus et Buffon les avoient envisagées, non plus comme des études partielles et fragmentaires d’objets curieux par quelques singularités ou par quelques propriétés utiles, trop souvent sujettes à contestation ; mais comme la science générale qui identifie l’homme avec la nature, comme la connoissance et la recherche de tout ce qui existe sur le globe et dans ses entrailles.
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Mémoires du Muséum d’histoire naturelle

Mais aucune de ces tentations ne peut attirer M. Thouin hors de ce Jardin où il étoit né, dont il s’étoit fait une patrie et comme un domaine héréditaire, où il avoit en un mot placé toute son existence. Il est vrai qu’il y régnoit en quelque sorte. Personne n’a su se donner autant que lui sur ses subordonnés, ce genre d’autorité que l’amour et le respect prennent sur les cœurs : ses moindres signes étoient des ordres ; nulle fatigue ne coûtoit pour répondre à ses désirs, mais c’est que rien ne lui coûtoit non plus pour servir ceux en qui il reconnoissoit du mérite et du zèle.
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Rien ne prouve mieux à quel point l’existence toute entière peut dépendre de l’appui accordé à la jeunesse, que l’exemple de M. Thouin comparé à celui de M. Richard. La position de leur enfance fut semblable : leur jeunesse fut livrée à des difficultés presque égales ; mais l’un eut à lutter contre des contrariétés précoces, et se fit un caractère qui les multiplia jusqu’à la fin de sa vie
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