Anaïs Ségalas

Anaïs Ségalas

Résumé

Portrait de Anaïs Ségalas Anaïs Ségalas Enfantines

D’où l’enfant descendit,
Moi, j’aurais fait un vœu profane, un voeu de mère ;
Tout haut, j’aurais bien dit :
Vierge, vous êtes sainte, oh ! mettez-lui dans l’âme
Candeur et pureté !
Mais j’aurais dit tout bas : Vierge, vous êtes femme,
Donnez-lui la beauté !
Merci, vous m’exaucez, ma fille est déjà belle !
Je l’admire et j’attends.
Tout germe, tout sourit, et tout est frais en elle
Et couleur du printemps.
Bouche en fleur, peau de soie, à la teinte vermeille,
Longs yeux noirs et jolis,
Tout est dans ce berceau : n’est-ce pas la corbeille
Où fleurit mon beau lis !
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Portrait de Anaïs Ségalas Anaïs Ségalas Enfantines

L’enfant dormait ; déjà, sous ses rideaux de soie,
Gazouillaient doucement ces rêves pleins de joie,
Qui font des contes d’or à nos petits amis,
Qui voltigent légers sur leurs têtes vermeilles,
Et, gais oiseaux des nuits, vont chanter aux oreilles
Des enfants endormis.
Tout à coup flamboya, devant l’alcôve noire
Un palais d’escarboucle, aux fines tours d’ivoire,
Comme Armide ou Merlin en bâtissaient jadis ;
Un de ces beaux palais qui ne sont que mensonge,
Mais dont l’enfant qui dort, le poète qui songe,
Ont les clefs de rubis.
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Portrait de Anaïs Ségalas Anaïs Ségalas Enfantines

Alors, palais, char, fée au corps de lis et d’ambre,
Tout se fondit ensemble, et puis s’évanouit.
Et l’enfant, en cherchant son palais diaphane,
S’éveilla, quand le rêve, ainsi que la sultane,
Eut dit le conte de la nuit.
Mais la mère entendit des larmes étouffées...
Allez, petits rêveurs, il est encor des fées
Qui chantent au berceau pendant vos premiers ans ;
Qui vous jettent des fleurs, des robes veloutées,
Des fruits d’or, et vous font des maisons enchantées...
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