Résumé

Portrait de Charles Coran Charles Coran,  Le Parnasse contemporain/1869

“ À divertir les gens n’est-ce pas que l’on souffre ?
On peint rose, & soi-même on a des chairs de soufre.
Tu badinais sur toile & je caquette en vers ;
Mais des dessus plaisants il faut voir les revers,
Et deviner pourquoi, sans jamais se distraire,
L’artiste enclin au grave adopte un goût contraire.
Les démons du plaisir, nous prenant pour des saints,
Ont égaré ma plume & séduit tes dessins.
D’autres, heureux de vivre, ignorent ces fantômes
Et sont libres d’oser la fresque & les grands tomes
”
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Portrait de Charles Coran Charles Coran,  Le Parnasse contemporain/1869

“ J’ai l’âge où les ardeurs ont besoin d’une tonne ;
Il faut à boire à ma gaîté.
Coupe en main, vous plaît-il de me servir l’ivresse ?
Complotez donc avec le vin.
Osez dans le breuvage infuser la maîtresse ;
Je vous devrai le feu divin.
D’abord me préparant des vendanges vermeilles,
Secondez la chaleur des cieux :
Rivale du soleil, surveillez l’or des treilles,
Que les fruits gonflent sous vos yeux.
Puis de vos blondes mains, sous les jaunes ramures,
Cueillez vous-même, & grain à grain ;
De vos doigts effilés, touchez aux rondeurs mûres,
Comme aux perles de votre écrin.
”
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