Voltaire,
MÉMOIRE sur un ouvrage de physique
“ La matière éthérée est bien invisible, bien douteuse ; cependant le révérend père l’admet. Il ne paraît pas vrai non plus que nos yeux voient le feu : car il n’y a point de feu plus ardent sur la terre que la pointe du cône lumineux au foyer d’un verre ardent. Cependant, comme le remarque très-bien la dame illustre qui a fait tant d’honneur au sentiment de Boerhaave, on ne voit jamais ce feu que lorsqu’il touche quelque objet. Nous voyons les choses matérielles embrasées ; mais, pour le feu qui les embrase, il est prouvé que nous ne le voyons jamais, car il n’y a pas deux sortes de feu. ”
