Léopold Curez

Résumé

Léopold Curez Abeilard à Héloïse (1834)

La Grâce en un désert ferait la Foi moins morte - Peut-être, et calmerait les feux que l'on y porte.
La Grâce? qu'elle vienne avec tous ses combats !
La Grâce sur J'amour ne l'emportera pas !.
Désaimer Héloïse est un effort suprême,. —
Je ne pourrai jamais oublier qu'elle m'aime !.
Tout à la créature, et rien au Créateur !.
Ciel, près d'elle, ici-bas je suis à ta hauteur!.
Par vos prestiges vains pourquoi, saintes images, Vouloir calmer un cœur qui se plaît aux orages ?
Pourquoi venir troubler chaque nuit mon sommeil,
Et maudire toujours l'heure de mon réveil ?
Source : Gallica

Léopold Curez Abeilard à Héloïse (1834)

Sur son front angéliqoe une blanche auréole Brille comme un soleil dans le ciel qui console!
Je la vois, je lui parle aux heures du sommeil, Elle vient me sourire au moment du réveil, Et si je cherche un nom pour rendre ma prière Précieuse aux regards de Dieu que je révère, Malgré tout le pouvoir qu'il a sur les mortels, Quoiqu'il fasse là-haut trembler les immortels, Le nom de Créateur n'a rien qui me séduise; Je ne sais murmurer que le nom d'Héloïse!
Source : Gallica

Léopold Curez Abeilard à Héloïse (1834)

On assure qu'à l'instant où l'on descendait Héloïse au caveau sépulcral d'Abeilard, pour la
placer dans le même cercueil (i) ainsi qu'elle l'avait constamment desiré et demandé sur la fin de ses jours, celui-ci se leva sur son séant, tendit les mains vers elle pour la recevoir, et, après l'avoir pressée avec effusion sur son cœur, retomba avec elle dans les bras de l'éternité.
Ce miracle d'amour est touchant, veut des larmes et doit en obtenir, surtout des personnes qui ont aimé ou qui aiment véritablement; mais, hélas!
Source : Gallica

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