Résumé

Pierre-Jean-Baptiste Dalban Traité du Jubilé, dialogue entre un juif et un chrétien… (1848)

Le Jubilé mondain, quoiqu'un meuble assez vieux, Devient un pont jeté sur l'abîme des cieux.
Par delà s'élargit la demeure éthérée.
Le chrétien despotique en investit l'entrée; Et veut qu'à deux genoux on fasse le chemin, Chevauchant le néant l'indulgence à la main.
On ne fait rien de rien, l'arrêt est immuable.
A travers un mystère 011 voit percer la fable.
Et votre Jubilé mystique et figuré, Ne régénère point un mal invétéré.
L'homme n'est pas formé de pure intelligence, Le démon l'a cousu dans la concupiscence.
Source : Gallica

Pierre-Jean-Baptiste Dalban Traité du Jubilé, dialogue entre un juif et un chrétien… (1848)

Qui parle au nom des dieux n'est jamais démenti !
Cajétan par un faux voit grossir son parti ;
Et sur le fondement d'un grossier artifice, De sa folle indulgence il bâtit l'édifice.
Voilà ton Jubilé.
LE CHRETIEN.
Je ne m'étonne plus Si les fruits d'un tel arbre ont si peu de vertus.
Mais laissons les cueillir à qui ne peut mieux faire ; Moi je redeviens juif, embrasse-moi, mon frère ; Quittons la foi romaine, et nous donnant la main, Allons nous convertir aux rives du Jourdain.
Source : Gallica

Pierre-Jean-Baptiste Dalban Traité du Jubilé, dialogue entre un juif et un chrétien… (1848)

LE CHRÉTIEN.
Au lieu de lamenter, plaintif et désolé, Les nombreux agréments de ton vieux jubilé, Viens voir de quelle sorte on le retourne en France, Et pour tes gros péchés gagner quelque indulgence.
Sur nos bords étrangers déjà sont accourus Trois enfants du Seigneur choyés et secourus.
De quelque affreux désert leur douce propagande Vient du riche clergé partager la prébende.
Les saints comme les loups souvent sortent des bois ; La dévorante faim soumet tout à ses lois.
Source : Gallica

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