Yvon, Toussaint, Diderot

Résumé

Yvon, Toussaint, Diderot L’Encyclopédie, 1re éd.

Le cœur n’est touché des objets que selon le rapport qu’ils ont avec son avantage propre ; c’est ce qui regle son amour ou sa haine : or le cœur a plus d’avantage à attendre des objets naturels que des objets artificiels. Ce que l’art présente au cœur n’est qu’un phantôme, qu’une apparence ; & ainsi il ne peut lui apporter rien de réel. Ce qu’il y a de plus touchant pour nous, c’est l’image des passions & des actions des hommes, parce qu’elles sont comme des miroirs où nous voyons les autres, avec des rapports de différence ou de conformité.
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Yvon, Toussaint, Diderot L’Encyclopédie, 1re éd.

Tout ce que nous voyons du monde, dit dans son style énergique le sublime Paschal, n’est qu’un trait imperceptible dans l’ample sein de la nature : nulle idée n’approche de l’étendue de ses espaces : nous avons beau enfler nos conceptions, nous n’enfantons que des atomes au prix de la réalité des choses : c’est un cercle infini, dont le centre est par-tout, la circonférence nulle part : enfin, c’est un des plus grands caracteres sensibles de la toute-puissance de Dieu, que notre imagination se perde dans cette pensée.....
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Yvon, Toussaint, Diderot L’Encyclopédie, 1re éd.

La bonté qui résulte de ces rapports, est plus intimement liée avec notre être, plus proportionnée à nos intérêts : il n’y a qu’elle qui ait de l’ascendant sur notre cœur, & qui l’ouvre au sentiment. L’autre bonté nous est, pour ainsi dire, étrangere ; elle ne nous touche presque pas : si elle a des charmes, ce n’est que pour notre esprit. Nous admirons les êtres en qui paroît cette premiere bonté : mais nous n’aimons que ceux qui participent à cette autre bonté ; & l’amour que nous leur portons se mesure sur les différens degrés de cette bonté relative.
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