“ Chez moi, vous trouviez des soies japonaises, le divan, inévitable, mais d’un velours doux à la caresse des mains. Dans la rue vos yeux avaient redouté les aiguilles du froid et des lumières aux boutiques. J’atténuais de voiles légers, l’éclairage offert à votre lassitude ; parfois vous-même disposiez les lampes en des combinaisons de votre choix, et m’étiez reconnaissant de n’avoir point nargué la gravité futile que vous y apportiez. Alors certains reflets vous faisaient aimer mon visage et le préférer à celui de certaines femmes. ”
René Crevel
Résumé
“L’Essor”, est une œuvre de René Crevel. Des thèmes tels que apportiez, la caresse ou le citron y sont abordés.
Citations de L’Essor (René Crevel)
“ Beaucoup préfèrent en eux le vide et l’ennui au charme d’un sentiment qu’ils ne sauraient classer. Je vous croyais excepté de ce grand nombre et vous en avais gré, mon ami. J’ai toujours souri — vous allez me juger hypocrite, ou par trop ignorante à la vérité de certaines exigences en notre nature — des rangements que nous essuyons parmi nos affections, comme si pour suprême idéal nous nous proposions un étalage avec bocaux différenciés. « Quel préférez-vous du citron acidulé ou de la pastille à la violette ? » ”
“ Nous avions voulu nos deux intelligences d’un sexe unique, et pour y mieux parvenir. Avions spontanément renoncé à l’autre amour, sachant qu’il ne tolère pas de limpide compréhension des êtres, ni leur égalité. ”
