Frédéric Le Guyader

Résumé

Frédéric Le Guyader Les Poètes du terroir

Les crabes lents, les corbeaux lourds, les loups nocturnes,
Les pucerons de mer, prodigieux mangeurs,
Les moucherons, ailés d’azur, les rats rongeurs,
Les vers grouillants, les vers, gonflés de pourriture,
Tous les pillards, tous les monstres de la nature,
Tous les pillards de l’air, de la terre et des eaux,
Dépouillèrent ces corps jusqu’aux moelles des os.
Or, quand le charnier fut en pleine purulence,
Le vent de mer souffla sur cette pestilence ;
Et, sur l’aile des vents fétides, le fléau
Frappa de mort l’humanité, comme un troupeau.
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Frédéric Le Guyader Les Poètes du terroir

De Bretons chevelus et d’Angles têtes chauves.
Ces brutes se battaient, des silex à la main,
Avec d’horribles cris qui n’avaient rien d’humain.
Se défonçant le crâne à coups de casse-têtes.
Et sous ce lourd piétinement d’hommes, de bêtes,
Sous ce monceau de morts, dont le sang ruisselait,
Le sol d’Armor, ce sol au cœur si dur, tremblait.
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Frédéric Le Guyader Les Poètes du terroir

Les loups au ventre creux accouraient, meute ardente.
Et, carnassiers de l’air, dès le lever du jour,
Les sinistres corbeaux s’abattaient à leur tour,
Et les crabes, vomis par l’Océan tout proche,
Les crabes monstrueux, sortis des trous de roche,
Traînant leurs pieds velus sur ces chairs en lambeaux,
Fouillaient les morts, parmi les loups et les corbeaux.
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