Frédéric Le Guyader

Élements biographiques

Frédéric Le Guyader La Chanson du Cidre

Eh bien, ce qui est vrai pour Zola, et pour les Bretons de passage, est à demi-vrai pour nous. Nous qui sommes nés en Bretagne, nous qui avons, comme Luzel, été élevés au vrai foyer breton, nous qui, durant l’enfance, ne savions guère d’autre langue que la langue bretonne, nous qui avons vécu, souffert, aimé sur cette vieille terre si jeune encore par la candeur relative de ses mœurs, et la ferveur de ses enthousiasmes, quand l’audace nous prend de consulter la conscience, l’âme de ce grand peuple, nous sommes pris d’inquiétude, et la plume nous tombe des mains.
Source : Wikisource

Frédéric Le Guyader La Chanson du Cidre

Zola fut intelligent de comprendre qu’il n’avait rien à faire chez nous. Il quitta Sainte-Marine, alla promener ailleurs son bistouri et sa personne.
La Bretagne ne fut pas diffamée par Zola.
Zola, dans « La Terre », a synthétisé le Paysan ; mais un paysan quelconque, qui se rencontre partout. Il suffit de s’asseoir, une demi-heure, côte à côte avec lui, à l’auberge, pour le saisir, s’emparer de lui, et l’emporter dans son carnet de notes. Mais le peuple breton n’est pas quelconque. Il est quelqu’un. Il ne se prête pas aux « instantanés » des impressionnistes de passage.
Source : Wikisource

Frédéric Le Guyader Les Poètes du terroir

Les crabes lents, les corbeaux lourds, les loups nocturnes,
Les pucerons de mer, prodigieux mangeurs,
Les moucherons, ailés d’azur, les rats rongeurs,
Les vers grouillants, les vers, gonflés de pourriture,
Tous les pillards, tous les monstres de la nature,
Tous les pillards de l’air, de la terre et des eaux,
Dépouillèrent ces corps jusqu’aux moelles des os.
Or, quand le charnier fut en pleine purulence,
Le vent de mer souffla sur cette pestilence ;
Et, sur l’aile des vents fétides, le fléau
Frappa de mort l’humanité, comme un troupeau.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature