Frédéric Le Guyader

Résumé

Frédéric Le Guyader La Chanson du Cidre

Eh bien, ce qui est vrai pour Zola, et pour les Bretons de passage, est à demi-vrai pour nous. Nous qui sommes nés en Bretagne, nous qui avons, comme Luzel, été élevés au vrai foyer breton, nous qui, durant l’enfance, ne savions guère d’autre langue que la langue bretonne, nous qui avons vécu, souffert, aimé sur cette vieille terre si jeune encore par la candeur relative de ses mœurs, et la ferveur de ses enthousiasmes, quand l’audace nous prend de consulter la conscience, l’âme de ce grand peuple, nous sommes pris d’inquiétude, et la plume nous tombe des mains.
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Frédéric Le Guyader La Chanson du Cidre

Zola fut intelligent de comprendre qu’il n’avait rien à faire chez nous. Il quitta Sainte-Marine, alla promener ailleurs son bistouri et sa personne.
La Bretagne ne fut pas diffamée par Zola.
Zola, dans « La Terre », a synthétisé le Paysan ; mais un paysan quelconque, qui se rencontre partout. Il suffit de s’asseoir, une demi-heure, côte à côte avec lui, à l’auberge, pour le saisir, s’emparer de lui, et l’emporter dans son carnet de notes. Mais le peuple breton n’est pas quelconque. Il est quelqu’un. Il ne se prête pas aux « instantanés » des impressionnistes de passage.
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Frédéric Le Guyader La Chanson du Cidre

Vous approchez d’une chaumière : un homme, une femme, des enfants, composant une famille, non sans effroi, vous regardent passer. Vous leur parlez : tout rentre sous terre. Je veux dire dans la chaumière. Vous y pénétrez après eux. La masure, au ras de terre, éclairée d’une seule lucarne, sert d’étable à la vache, de soue à porcs, et d’habitation à toute une famille. Là, près de l’âtre enfumé où brûle un peu de lande avec de la bouse de vache desséchée, vous pourrez voir des êtres à peine humains, serrés les uns contre les autres, vous regardant avec des yeux effarés.
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