Résumé

Portrait de Paul Sébillot Paul Sébillot Revue de linguistique et de philologie comparée

ESSAI SUR LE PATOIS GALLOT
Si chevauchia le connestable premièrement Bretagne bretonnant, pour tant qu’il la sentoit plus encliné à Jehan de Montfort que Bretagne gallot.
Froissart.
Depuis un siècle, la Bretagne a été l’objet de remarquables travaux : on a étudié la langue, la littérature, les superstitions des Bretons bretonnants ; M. Le Gonidec a fait une grammaire qui jouit d’une réputation méritée ; M. de la Villemarqué a été le Mac Pherson de la poésie armoricaine, à laquelle il a rendu le service — certes considérable — d’y intéresser la masse du public.
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Les paysans forment des verbes parfois heureux avec des mots dont nous n’avons que le substantif : d’orage, ils ont fait s’orager ; de colère, se colérer, qui était usité au XVIe siècle et que nous avons perdu.
Enfin le patois emploie des mots français qui ne sont pas déformés, mais simplement pris dans un sens différent de celui que leur donne la langue correcte.
Les mots comiques, les adjectifs expressifs, les onomatopées heureuses ne sont pas rares dans cette langue qu’on peut considérer comme un dialecte un peu modernisé de la langue d’oïl.
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C’est ce que George Sand a essayé, non sans succès, dans ses romans champêtres, jugeant avec raison qu’un mot bien fait qui passe d’un patois dans la langue écrite n’est point un étranger : c’est tout au plus un paysan qui devient policé par la fréquentation de la bonne compagnie.
De même que la plupart des patois, celui de la Haute-Bretagne est pauvre en ouvrages écrits ; quelques journalistes locaux ont fait des lettres où se trouvent plusieurs tournures, plusieurs mots empruntés au langage des paysans
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