Résumé

H. Gaidoz La Poésie bretonne pendant la guerre

C’est Paris qui a enfanté l’idée française; aujourd’hui que cet enfantement est achevé, ne jetons plus dans la gueule avide de la fournaise les joyaux de nos vieilles provinces; souffrons que chacune garde ce qu’elle a encore d’originalité, et laissons faire au temps, qui établira assez tôt dans notre pays la fastidieuse uniformité des mœurs et du langage. Qu’on ne nous parle pas de nécessités politiques : nous avons assez vu, pendant la douloureuse épreuve de l’hiver dernier, que la France n’a qu’un cœur, bien qu’elle ait plusieurs langues.
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H. Gaidoz La Poésie bretonne pendant la guerre

Un jour viendra sans doute ou la Bretagne sera française de langue et de mœurs ; la centralisation, l’enseignement primaire exclusivement français, les relations avec le reste de la France, si fort multipliées par l’établissement des chemins de fer, tendent à faire disparaître toute originalité provinciale et à transformer la France entière en faubourgs de la bruyante capitale ; Il est permis de douter que cette assimilation soit un bien : les patriotismes locaux, qu’elle détruit peu à peu, n’affaiblissent en rien l’attachement à la grande patrie
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H. Gaidoz La Poésie bretonne pendant la guerre

« Et nous trop jeunes ou trop vieux, — qui restons à la maison, demandons la bénédiction — de Dieu sur nos frères, pour que dans leur pays — ils reviennent, sans tarder, avec la victoire [10] ! »
La guerre terminée, — sans la victoire, — les complaintes abondèrent. Aucune ne nous semble mériter les honneurs de la traduction. Cette sorte de littérature ne brille pas plus en breton qu’en français par la délicatesse du sentiment ou par la beauté du style, et elle n’a d’intérêt que pour les personnes qui veulent étudier dans toute sa naïveté la forme la plus humble de la poésie populaire.
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