François Abgrall

François Abgrall

Résumé

Portrait de François Abgrall François Abgrall Éclairs et Fumée

Holà ! je n’en puis plus ! Tonton Cou, mon bonhomme,
Dans ce fauteuil douillet, faisons un petit somme ! »
Et l’eau, dans le chaudron, berce d’un bruit très doux
Tonton Cou qui s’endort, son lard sur les genoux.
Le bon recteur, les mains en croix sur sa bedaine,
Dans le fauteuil moelleux, oublieux de sa peine,
Évoque un paradis, un séjour langoureux
Qui le muerait lui-même en divin maître-queux.
Devant lui, l’Éternel et sa séquelle d’anges
Exaltant ses talents, l’accablant de louanges,
Près d’énormes chaudrons, d’augustes marmitons
Le proclament soudain « Prince des échansons ».
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Portrait de François Abgrall François Abgrall Éclairs et Fumée

Puis, son lard sous le bras, il s’enfuit au plus vite !
Quand le curé survint, portant son « kig sall » gras,
Dans l’église, ce fut un bien joli fatras.
Les fidèles en chœur s’étouffèrent de rire
Et chacun à son banc se prenait de délire !
On oubliait, dès lors, la sainteté des lieux,
Et l’on avait, ma foi, des larmes plein les yeux.
Tonton Cou s’aperçut bientôt de sa méprise ;
D’un geste bienveillant il apaisa la crise ;
Être distrait, c’est bien, mais rester en affront
Devant tous ces gaillards, serait faire faux bond !
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Portrait de François Abgrall François Abgrall Éclairs et Fumée

Tu tressailles, surpris, de leur chant guttural,
Ne trouvant pas en lui, les exquises merveilles,
Faisant à jamais, sans pareilles,
Les voix de mon pays natal.
Ami, c’est que pour toi, l’abeille qui bourdonne,
Le pigeon roucoulant dans l’ombre du taillis,
Le ruisselet frondeur dont chaque note donne
Douce et charmante « sôn » bretonne,
Sont plus dignes d’être compris.
C’est que depuis longtemps, tu perçois des louanges,
Monter avec l’encens dans l’hymne du Seigneur,
Tu voisines ainsi, ton chef avec les anges,
Et tes pieds trempant dans la fange
T’ont révélé l’humain malheur.
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