Résumé

Portrait de Gottlob Frege Gottlob Frege Revue de métaphysique et de morale

Les nombres ne changent pas ; car les théorèmes de l’arithmétique enferment des vérités éternelles. Ainsi l’on peut dire que ces objets sont hors du temps, ce qui fait voir qu’ils ne sont pas des perceptions ou des idées subjectives, parce que celles-ci changent toujours conformément aux lois psychologiques. En effet les lois de l’arithmétique n’appartiennent pas à la psychologie. Tout ne se passe pas comme si chaque homme avait un nombre, nommé Un, à lui, qui fasse partie de son âme ou de sa conscience ; mais il n’y a qu’un seul nombre qui porte ce nom, le même pour tout le monde et objectif.
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On pourrait trouver le sens du mot pluralité contenu dans le mot plusieurs et dans la forme plurielle, mais M. Ballue ajoute des restrictions en disant : « distincts, considérés en tant que distincts », sans se préoccuper de la nature ou de la forme de ces objets. Ce qu’il nomme ici distinct, il vient de le nommer isolé en disant : « Un objet isolé, considéré en tant qu’isolé, abstraction faite de sa nature ou de forme, prend le nom d’unité ». On objectera peut-être que, si les objets étaient absolument isolés, il n’y en aurait pas de réunion.
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Quant à l’idée que quelqu’un se fait d’un objet, il n’est pas nécessaire qu’il y ait abstraction, pour qu’elle n’ait pas les qualités de l’objet même. Une idée du soleil n’est pas un corps matériel, lumineux. Une telle idée a pourtant des qualités différentes en général de celle que la même personne se fait de la lune. L’abstraction dont parle M. Ballue peut effacer la différence de ces idées ; mais où reste alors la pluralité ?
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