Résumé

Portrait de Hector Crémieux Hector Crémieux Le Financier et le Savetier

LARFAILLOU. Tu m’en diras tant !
BELAZOR. Je ne mendierai jamais !
LARFAILLOU. Je te dis : Tu m’en diras tant !
BELAZOR. Je n’ai jamais mendié ! (Pendant qu’on le déshabille et que Larfaillou met ses habits.) Si j’avais prévu ce qui m’arrive, j’aurais agi différemment. Ô mes illusions ! ô mes millions ! j’avais un million d’illusions, et mes millions ne sont plus que des illusions ! C’est un grand malheur de s’illusionnère quand on est millionnaire. Je suis aussi désillusionné que démillionné ! Peut-être retrouverai-je des illusions, mais qui me rendra mes millions ?... J’ai froid !
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Portrait de Hector Crémieux Hector Crémieux Le Financier et le Savetier

BELAZOR. Mais, artisan saugrenu, vous la connaissez donc, ma fille ?
LARFAILLOU. C’est moi que je raccommode sa pension.
BELAZOR. Mais, malheureux ! vous ne savez donc point qu’elle a des millions de dot ?
LARFAILLOU. Un peu que je le sais !
BELAZOR. Et nonante-trois millions d’espérances ! Pourquoi voulez-vous épouser une fille qui a nonante-trois millions d’espérances ?
LARFAILLOU. Est-il bête ! Mais c’est pour ça, mon p’tit père. (Il lui tape sur le ventre.)
BELAZOR. Vous n’êtes pas même un homme bien élevé. Vous parlez un langage tout à fait dépourvu d’élégance.
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Portrait de Hector Crémieux Hector Crémieux Le Financier et le Savetier

LARFAILLOU. J’ai-z-million
J’ai-z-un vrai million d’argent blanche !
J’ai z-un million !
Je veux m’habiller le dimanche
Comme un lion.
Ô Saint Crépin, je te renie,
Et pour patron
Prends pour la vie
Saint Émilion !
(Les Invités s’avancent vers la rampe, en retournant leurs poches vides.)
BELAZOR. Il a joué ! bonté divine !
Ruiné des gens que j’aimais !
Et dans son ivresse assassine,
Il chante plus fort que jamais !
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