Résumé

Héloïse Abailard et Héloïse, essai historique… (1853)

Sitôt que l'étoile d'Abailard a brillé dans le ciel vide de sa jeunesse, pareille aux rois mages qui allaient Aisiter le Christ, elle rassemble ses plus riches présents, et vient répandre à ses pieds sa beauté, son amour, sa réputation,—l'or, l'encens et la myrrhe. Encore elle se trouve trop pauvre ! De retour, elle n'en demande point. Si elle obtient un regard, une douce parole, ce sera toujours pour elle une faveur, une grâce. Elle ne calcule point la durée de cet échange inégal : la pensée de se garantir contre un injurieux abandon est loin de son esprit.
Source : Gallica

Héloïse Abailard et Héloïse, essai historique… (1853)

Je prends Dieu à témoin que si Auguste, maître suprême de l'univers, m'avait offert l'insigne honneur de son alliance, en mettant pour toujours à mes pieds l'empire du monde, j'aurais accepté avec plus de joie et d'orgueil le nom de votre courtisane que le titre d'impératrice. Car ni les richesses ni la puissance ne constituent la supériorité d'un homme : là, c'est l'effet de la fortune, ici du mérite.
La femme qui épouse plus volontiers un riche qu'un pauvre, et qui cherche dans un mari son rang plutôt que lui-même, que cette femme le sache bien, elle est à vendre.
Source : Gallica

Héloïse Abailard et Héloïse, essai historique… (1853)

« Si c'est un bien de ne pas toucher une femme, c'est donc un mal de la toucher : car nulle chose n'est contraire au bien, si ce n'est le mal. » Quiconque se flatte de savoir discuter une question, sentira la frivolité de cet argument. Car, semblablement, c'est un bien de ne pas manger de viande et de ne pas boire de vin; mais il ne s'ensuit pas rigoureusement que ce soit un mal de manger de la viande et de boire du vin. Et ceux qui en ont absolument condamné l'usage ont été mis au nombre des hérétiques. Mais accordons un moment que ce soit un mal, selon saint Jérôme, de toucher une femme.
Source : Gallica

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