Pierre Abélard,
Lettres d’Abélard et d’Héloïse
“ La fuite d’Héloïse avait rendu Fulbert comme fou. On doit croire Abélard, quand il répète qu’une telle douleur l’avait touché de pitié. Mais ce qui l’émeut davantage, c’est le sentiment de son propre péril. Il n’était pièges, embûches, que Fulbert ne méditât. Comme les esprits faibles, le vieillard était passé de la crédulité à la fureur. La seule pensée qui arrêtât sa main, c’était la crainte d’appeler les représailles, en Bretagne, sur la tête de sa nièce bien-aimée. L’humeur altière d’Abélard n’était pas faite pour se soumettre longtemps à cette sourde menace. ”
