Jules Barbey d’Aurevilly

Jules Barbey d’Aurevilly

Résumé

Portrait de Jules Barbey d’Aurevilly Jules Barbey d’Aurevilly Fragment

Voilà pourquoi j’ai écrit ces lignes ici même, espérant que l’amour de ce livre serait l’occasion qui vous les ferait lire quelquefois, et allant jusqu’à m’imaginer que vous les lirez comme on lit ce que l’on a écrit, soi, il y a longtemps ; car, si ce n’est pas toute votre pensée, au moins est-ce un peu de votre pensée ? L’âme est souvent comme les petits enfants qui aiment mieux leur voix dans l’écho : tout de même on accueille bien sa pensée quand elle revient tout affaiblie, mais reconnaissable encore, du cœur caché dans les lointains de la vie où habite l’écho invisible !
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Portrait de Jules Barbey d’Aurevilly Jules Barbey d’Aurevilly Fragment

La tristesse, cet ange sans couronne et sans ailes, avait mis une dernière et céleste main à vos toilettes : il avait éploré ces boucles trop coquettes, alangui l’ardeur de ces poses, azuré de l’empreinte des larmes essuyées le contour de ces yeux trop riants, et déposé une pensée, comme l’œuf de quelque tendre mystère, dans le nid charmant de vos sourires. Il vous avait vêtues d’une âme. Vous n’étiez que d’innocentes jeunes filles ; vous devîntes des êtres souffrants.
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Portrait de Jules Barbey d’Aurevilly Jules Barbey d’Aurevilly Fragment

Depuis, l’air trop vif de la vie a terni ces perles candides, un flot plus amer les a rongés ; mais pour avoir perdu de leur syrénéenne manière de sourire ces yeux sont encore plus touchants.
Prêtes toutes les deux de trop bonne heure pour partir, elles attendaient le moment de ce bal, — la joie pleine de ces âmes jeunes et inéprouvées. Oisives et impatientes, un caprice leur fit ouvrir la fenêtre : elles ne savaient comment occuper leur loisir et calmer leur frissonnante impatience.
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