Édouard Dujardin,
À la gloire d’Antonia
“ J’ai dans mes mains ses mains ; nous fermons nos yeux ; nos bras et nos épaules se touchent ; nous sommes immobiles ; nos mains sont jointes ; nos genoux se sentent ; je revois son regard dernier ; un calme bon est à l’entour ; une demie lumière ; encore des musiques montent lointaines ; des ombres passent ; l’air est tiède ; nulle parole ; elle tourne vers moi sa tête ; ses yeux vers moi ; elle me sourit ; pâle, très tendrement elle sourit à moi ; nous nous sourions ; ses yeux se ferment ; sa bouche est entr’ouverte ; son cou est blanc sur la ligne noire des robes ”
