Édouard Dujardin

Édouard Dujardin

Résumé

Portrait de Édouard Dujardin Édouard Dujardin À la gloire d’Antonia

J’ai dans mes mains ses mains ; nous fermons nos yeux ; nos bras et nos épaules se touchent ; nous sommes immobiles ; nos mains sont jointes ; nos genoux se sentent ; je revois son regard dernier ; un calme bon est à l’entour ; une demie lumière ; encore des musiques montent lointaines ; des ombres passent ; l’air est tiède ; nulle parole ; elle tourne vers moi sa tête ; ses yeux vers moi ; elle me sourit ; pâle, très tendrement elle sourit à moi ; nous nous sourions ; ses yeux se ferment ; sa bouche est entr’ouverte ; son cou est blanc sur la ligne noire des robes
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Portrait de Édouard Dujardin Édouard Dujardin À la gloire d’Antonia

Des yeux ouverts au rêve, des rares yeux très clairs, des pâles yeux, des yeux grands dans une clarté ; un regard doux, montant, profond ainsi qu’un jour lunaire ; des yeux grands et très clairs ; une face incolorée, incolorée comme une lune, et solitairement pâle comme la solitaire triste lune ; un rond visage de délaissée ; et le cadre de courts cieux noirs ; une encadrante chevelure, noire et s’arrondissant en le tour des blanches joues ; une courte exacte chevelure faisant à la face blanche une exacte auréole de noir mêlé de sombre brun
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Portrait de Édouard Dujardin Édouard Dujardin À la gloire d’Antonia

Douce est la volupté des baisers ; aimer est doux ; l’embrassement des bras est aux amants une joie douce toujours ; exalter sa vie en la création sensuelle, et lentement s’assoupir aux caresses des peaux amolies, et rêver, parmi les attouchements confus, un rêve où vogue l’être, en ces supérieurs parfums qui sont l’âme de la femelle. Vivre hors l’apparence est bon
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