Louise-Victorine Ackermann

Louise-Victorine Ackermann

Résumé

Portrait de Louise-Victorine Ackermann Louise-Victorine Ackermann Le Déluge

Oui, nous le proclamons, ce Déluge est inique ;
Il ne renversera qu’afin de niveler.
Si nous devons bientôt, des bas-fonds en délire,
Le voir s’avancer, fier de tant d’écroulements,
Nous n’aurons pas du moins applaudi de la lyre
Au triomphe futur d’ignobles éléments.
Nous ne trouvons en nous que des accents funèbres
Depuis que nous savons l’affreux secret des flots.
Nous voulions la lumière, ils feront les ténèbres ;
Nous rêvions l’harmonie et voici le chaos.
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Portrait de Louise-Victorine Ackermann Louise-Victorine Ackermann Le Déluge

Nous que rien ne retient, nous artistes qu’enivre
L’Idéal qu’ardemment poursuit notre désir,
Du moins nous n’aurons point la douleur de survivre
Au monde où nous avions espéré le saisir.
Nous serons les premiers que les vents et que l’onde
Emporteront brisés en balayant nos bords.
Dans les gouffres ouverts d’une mer furibonde,
N’ayant pu les sauver, nous suivrons nos trésors.
Après tout, quand viendra l’heure horrible et fatale,
En plein déchaînement d’aveugles appétits,
Sous ces flots gros de haine et de rage brutale,
Les moins à plaindre encor seront les engloutis.
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Portrait de Louise-Victorine Ackermann Louise-Victorine Ackermann Le Déluge

Devant l’assaut prochain et furibond des flots.
Ils avancent toujours. C’est sur ce mot, Déluge,
Poëte de malheur, que ton livre s’est clos.
Mais comment osa-t-il échapper à ta bouche ?
Ah ! pour le prononcer, même au dernier moment,
Il fallait ton audace et ton ardeur farouche,
Tant il est plein d’horreur et d’épouvantement.
Vous êtes avertis : c’est une fin de monde
Que ces flux, ces rumeurs, ces agitations.
Nous n’en sommes encor qu’aux menaces de l’onde
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