Résumé

Nicolas M*** Lettre trouvée à la porte d'une caserne (1849)

Méfie-toi, mon garçon, méfie-toi, et tiens bon pour la République. Il n'y a pas de bâtards sous ce gouvernement-là ; le pauvre est électeur comme le riche. Avec une royauté ou un empire, ce qui est la même chose, adieu le suffrage universel. Ce sont deux animaux qui ne peuvent pas vivre dans la même mangeoire.
La République, c'est le gouvernement de tout le monde, du particulier qui n'a pas le sou, comme de celui qui ne manque de rien. Ton vote vaut celui de ton général, ni plus ni moins. Sans la République tu ne serais pas électeur, ni moi non plus
Source : Gallica

Nicolas M*** Lettre trouvée à la porte d'une caserne (1849)

Le service de la place de Paris est rude, je le sais bien; tu ne dors pas là toutes tes nuits pleines, je le sais bien encore ; mais, mon garçon, ce n'est pas la faute de la République, c'est celle des royalistes qui entreprennent coquinerie sur coquinerie pour empêcher les choses daller. Hier, ils annonçaient une émeute parce qu'ils ont besoin d'en avoir une pour se tirer d'embarras. C'est un moyen de consigner les troupes , d'augmenter les patrouilles, de vexer le soldat, de lui remuer la bile contre la République et de monter la tête au boutiquier, qui n'y voit que du feu.
Source : Gallica

Nicolas M*** Lettre trouvée à la porte d'une caserne (1849)

Aussi, vois-tu, je deviens triste quand je songe que le président de la République trinque avec des gens qui agonisaient son oncle, et leur donne des poignées de main. C'est trop fort. Je ne suis pas méchant, mais je ne comprends pas que l'on couche avec des individus comme cela. Mille tonnerres! on a du coeur au ventre ou on n'en a pas.
Rappelle-toi, mon garçon, ce qu'on dit chez nous : « Bon chien chasse de race, autrement c'est une câgne. » Je te conte cela
dans le tuyau de l'oreille, entends-tu bien
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature