Résumé

Revue Musicale de Lyon 1904-03-02…

Au contraire, le musicien néglige absolument les circonstances matérielles de la vie, en laisse de côté les contingences, les cas particulier, pour n’en extraire que les éléments essentiels, selon sa propre sensibilité intime, laquelle précisément ne peut se manifester de façon concrète que par la musique. Un poète véritablement doué de sens musical aurait donc fourni à Berlioz cette même scène sous une forme idéale parfaitement concrète ; un Shakespeare la livrant à un Berlioz, afin qu’il la reproduise en musique, aurait fait subir à sa réalisation poétique des modifications.
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Lorsqu’il voulut tirer de cette scène la matière d’un poème symphonique, ce dernier en effet aurait dû sentir que, pour exprimer une idée à peu près semblable, le dramaturge et le musicien ne sauraient employer les mêmes moyens. Le dramaturge s’éloigne moins de la vie ordinaire ; il ne se fait comprendre que s’il manifeste son idée par une action dont toutes les parties constituantes réunies donnent l’impression de cette vie même, de façon que tout spectateur croie participer à cette action.
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Et bien ! tout cela n’a pas fait le moindre effet, et pourtant vous allez voir tous les journaux, à bien peu d’exceptions près, proclamer cette messe comme un chef-d’œuvre. Cela vient de ce que Berlioz est lui-même journaliste : il écrit dans le Journal des Débats, le plus influent de tous, et tous les journalistes se soutiennent. Il faut dire que, s’il est détestable musicien, en revanche il écrit fort élégamment ; mais vous pensez que les idées d’un pareil homme doivent être fort singulières en musique.
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