Résumé

Portrait de Henry Fellot Henry Fellot Revue Musicale de Lyon 1904-03-23…

Autant le convenu et l’artificiel triomphaient dans la Romance, banale et souvent en complet désaccord avec la poésie, qui en était le prétexte, non l’essence, autant le Lied, produit du sol natal, tient à nos fibres les plus secrètes, par de fréquents emprunts aux vigoureuses floraisons des thèmes nationaux, autant son domaine naturel est vaste, fait d’espace libre et d’apparente insouciance des seules limites que la raison et le goût imposent à son extension infinie.
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L’implantation, dans le génie d’une race, d’un nouveau genre — littéraire ou musical — ne peut se faire que par l’infiltration, lente et graduelle, d’une esthétique différente, dégagée de formules vieillies et débarrassée d’entraves démodées. Et ici la question se complique d’une ambiance spéciale, résultat de nombreux siècles d’antagonisme cérébral, entre l’expansion, bruyante et ensoleillée, des compositeurs italiens, et les « brumes » classiques des musiciens scandinaves.
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De semblables qualités rendent infiniment durable la conquête du « lied » moderne : de même que notre esthétique dramatique s’écarte de plus en plus de la conception, qui nous valut la Norma, Guillaume-Tell, ou La Favorite, ainsi sous l’influence de Schubert, Schumann et Grieg sont à jamais disparues du domaine musical la sentimentalité pleurarde et l’incohérente vacuité de la romance de nos père.
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