Théodore de Banville,
Anthologie des poètes français contemporains
“ L’apportèrent alors sous les tentes d’Achille. On détacha son casque au panache mouvant Qui tout à l’heure encor frissonnait sous le vent, Et puis on dénoua la cuirasse et l’armure ; Et, comme on voit le cœur d’une grenade mûre, La blessure apparut, dans la blanche pâleur De son sein délicat et fier comme une fleur. La haine et la fureur crispaient encor sa bouche, Et sur ses bras hardis, comme un fleuve farouche Se précipite avec d’indomptables élans, Tombaient ses noirs cheveux, hérissés et sanglants. Le divin meurtrier regarda sa victime. ”
