Résumé

Portrait de André Rivoire André Rivoire L'humble offrande : pièce en un acte en vers… (1916)

Serais-je ton amie, Si, bien avant les mots qui m'ont dit ta rancœur, Ta pauvre figure blêmie Ne m'avait révélé ton cœur?.
Tu peux me le montrer sans honte!.
Pourquoi me dérober cette larme qui monte?.
Mon petit!. Reste, mon petit, Là, caché comme sous une aile!.
Une étreinte un peu maternelle Rend fort l'homme qui s'y blottit !.
LE POÈTE.
Fort, dis-tu?. Mais rien que ce mot, malgré toi-même, Ajoute au mal fiévreux qui me fait frissonner!.
Fort!. Mais, pour être fort, à cette heure suprême, Il faut avoir, du moins, un corps qu'on peut donner!.
Source : Gallica

Portrait de André Rivoire André Rivoire L'humble offrande : pièce en un acte en vers… (1916)

Ah ! ma pauvre petite Muse de tendresse, Nous sommes là, tous deux, à nous pencher sur nous, Cependant que par eux, là-bas, la tâche est faite.
Comprends donc!. Leur victoire est un peu ma défaite, A moi, soldat d'hier, qui manque au rendez-vous, Et qui, lorsque ceux-là reviendront par les rues, Aux acclamations des foules accourues, Ne pourrai que cacher mon front dans tes genoux!.
Et il laisse tomber son front baissé et demeure, un instant, tout secoué de sanglots.
LA MUSE, lui relevant le front, et, peu à peu, se haussant tout entière, du geste et de la voix.
Source : Gallica

Portrait de André Rivoire André Rivoire L'humble offrande : pièce en un acte en vers… (1916)

Tu veux être, plus que la Muse, la maîtresse, Et tu ne comprends pas qu'il est une détresse Que même les baisers ne savent pas guérir.
Hélas! tu ne peux rien pour moi, pas même entendre
Le cri du désespoir o plonger.
Il faudrait un cœur grave, et le tien n'est que tendre, Ton visage n'admet qu'un chagrin passager, Je te connais si bien, ton oreille n'est faite Que pour les mots câlins qui te parlent de toi, Et même un jour de deuil te semble un jour de fête Pour peu que du soleil ricoche sur le toit!.
Source : Gallica

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