A. Desjardins

Résumé

A. Desjardins Revue des Deux Mondes

Si les supplices d’Henri VIII et d’Elisabeth ont réalisé une sélection, la déportation du XVIIIe siècle et de la première moitié du XIXe siècle n’a pas interrompu cette œuvre. C’est qu’il s’agit de distinguer les criminels typiques, insusceptibles de toute adaptation, de ceux pour lesquels une adaptation nouvelle est possible, de sorte que, pour ceux-ci, une élimination partielle réalise de même la sélection, par rapport au milieu d’où ils ont été arrachés.
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A. Desjardins Revue des Deux Mondes

Ces malheureux pendus par Henri VIII et Elisabeth, s’ils avaient eu plus de chance, n’auraient pas été insusceptibles d’adaptation. Cela a été prouvé par leurs successeurs du XVIe siècle qui, sous des rois plus humains, furent déportés en Amérique, et par ceux du XIXe siècle qui ont créé l’Australie. Pendant que la théorie de l’intimidation ne faisait que détruire, la théorie de l’adaptation donnait naissance à des colonies utiles qui devinrent bientôt riches et puissantes.
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A. Desjardins Revue des Deux Mondes

« Notre époque ne doit pas punir les enfans des délinquans, mais elle devrait empêcher qu’ils naissent ; elle devrait produire, par la mort des délinquans, ou par l’isolement perpétuel de leur sexe, une sélection artificielle par laquelle la race serait moralement améliorée. »
Ce qui suit constate le fait que l’humanité est de nos jours plus douce, moins passionnée et qu’elle résiste mieux aux instincts violens et brutaux, qu’il n’en était aux siècles passés, et que les moyens énergiques employés auparavant contre les criminels ont eu, sans doute, leur part à l’épuration de la race.
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