Résumé

Portrait de André Gide André Gide Les Poésies d’André Walter

Il n’y a pas eu de printemps cette année, ma chère ;
Pas de chants sous les fleurs et pas de fleurs légères,
Ni d’Avril, ni de rires et ni de métamorphoses ;
Nous n’aurons pas tressé de guirlandes de roses.
Nous étions penchés à la lueur des lampes
Encore, et sur tous nos bouquins de l’hiver
Quand nous a surpris un soleil de septembre
Rouge et peureux et comme une anémone de mer.
Tu m’as dit : « Tiens ! Voici l’Automne.
Est-ce que nous avons dormi ?
S’il nous faut vivre encore parmi
Ces in-folio, ça va devenir monotone.
Peut-être déjà qu’un printemps
A fui sans que nous l’ayons vu paraître ;
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Portrait de André Gide André Gide Les Poésies d’André Walter

Dans des bassins d’ombre, dans des bassins bleus, dans de clairs bassins.
Au matin nos âmes se voyaient nouvelles,
Comme si c’était la première fois ;
Elles s’embrassaient, fortes et fraternelles
Comme pour la première fois.
Nos âmes ! ah ! qu’elles étaient printanières !
Notre âme, qui se croyait double encore !
Mon âme double qui ne m’était pas coutumière
Et qui courait le long de son reflet, encore.
Je croyais d’abord que c’en était une autre
Mais nous ne nous sommes que trop bien compris.
Ah ! que ne puis-je être celui,
Celui qui put vendre son ombre.
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