Résumé

Anonyme Revue dramatique - Le Père Lebonnard de Jean Aicard

Et s’ils étaient habiles à construire une pièce, nous croirons-nous plus habiles parce que nous y serons maladroits ? C’est aujourd’hui le défaut des jeunes gens : ils changent les vrais noms des choses, et ils s’imaginent avoir changé les choses. J’en dirais davantage si, l’an dernier surtout, j’avais régulièrement suivi les représentations du Théâtre libre, ou plutôt si j’avais gardé le souvenir fidèle de ce que j’y ai vu, de la Casserole ou de la Fin de Lucie Pellegrin, mais le Père Lebonnard me suffit pour justifier ces réflexions.
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C’est au surplus le moindre inconvénient des représentations uniques du Théâtre libre. Comme elles n’ont pas de lendemain, elles n’ont pas de sanction ; du public restreint et trié des premières, à un public plus étendu, ni les auteurs ne peuvent appeler d’une chute, ni la critique d’un succès ; et les acclamations d’une coterie finissent par faire croire à de bons jeunes gens que l’originalité dans l’art ne consiste qu’à ignorer l’orthographe et la grammaire de l’art.
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Moralité : Quand vous voudrez marier votre fille avec un fils naturel, précautionnez-vous d’une femme qui vous en ait donné un adultérin.
Qui donc a raconté — ne serait-ce pas M. Jean Aicard lui-même — qu’à la Comédie française on lui avait conseillé de mettre cette fable en prose ? Conseil perfide, ironique peut-être, et qu’en tout cas M. Jean Aicard a bien fait de ne pas suivre : son Père Lebonnard y eût péri tout entier.
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