Résumé

Portrait de Voltaire Voltaire LETTRE ANONYME (1773 - 1776)

Dans vos plus grands excès vous soit toujours sacrée [2] .
Voilà comme parlait le véritable Boileau ; voici comme écrit son pseudonyme. Je vais vous citer d’abord de sa prose, et ensuite de ses vers. « L’ombre de Boileau, dit-il, dans un avertissement fort aigre, ayant porté ses regards parmi nous, n’y a vu, d’un côté, que la foule de ses détracteurs, aussi nombreux que la foule des sots ; de l’autre, le petit nombre éclairé de ses admirateurs pusillanimes et sans courage. »
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Portrait de Voltaire Voltaire LETTRE ANONYME (1773 - 1776)

Tu viens loueur perfide.
On dit bien, non point en vers, mais en prose très-familière, un loueur de carrosses, et c’est le seul sens dans lequel le mot loueur soit français ; mais il n’est jamais tolérable de dire loueur perfide, à moins que la voiture ne casse.
On dit bien encore ombragé d’un panache, on dit un cheval ombrageux ; mais on ne dit pas, et l’on n’imprime point un orgueil qui s’ombrage d’un homme, comme dans ces vers :
Quiconque est sans génie est sûr de ton suffrage
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Portrait de Voltaire Voltaire LETTRE ANONYME (1773 - 1776)

Dans notre âge est certainement une cheville dont maître Adam n’aurait pas voulu. Cela ne veut pas dire la même chose que dans notre temps, et dans notre temps serait encore une expression impropre, lorsque Boileau parle à M. de Voltaire : car le temps de l’un n’est point celui de l’autre. Un astre brillant ne se lève point dans un âge.
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