Résumé

Collectif Revue archéologique

La navigation fluviale, au Cambodge, telle qu’elle pouvait se pratiquer jadis, n’a jamais nécessité d’ancre. Les embarcations grandes ou petites devaient à leur quille ronde et à leur infime tirant d’eau la facilité d’aborder partout. Enfin, pour les mêmes raisons de construction, une simple rame libre ou fixée à l’arrière par le pilote tenait lieu de gouvernail. Sur l’immense déroulement des bas-reliefs, la centaine de jonques représentées sont sans exception dépourvues d’ancre et de gouvernail. Il en est de même des sampans modernes.
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Il manque un bras au treuil ; l’ancre constituée par une masse pesante destinée à s’enfoncer dans la vase, est pourvue d’un anneau qui tend à l’en empêcher, le gouvernail est à l’envers. Sans les indications d’un autre ordre, qui nous ont permis de considérer comme étranger cet unique vaisseau figurant sur les bas-reliefs, ces détails purement techniques n’auraient pas manqué d’éveiller notre attention.
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Étant donné les dénivellements de 4 à 10 mètres des fleuves et des lacs du Cambodge, les méandres multiples des cours d’eau qu’il faut souvent suivre sous des frondaisons, seuls les sampans à cabine centrale des bas-reliefs, qui ne calent jamais plus de 45 centimètres, répondent aux exigences de la navigation indigène. Mais les Chinois qui tenaient, comme ils le tiennent encore, tout le commerce de cette région, avaient absolument besoin, pour franchir les mers et transporter leurs marchandises, de telles embarcations.
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