Résumé

Eugène Lataye Académie Française. — Réception de M. Jules Sandeau

Si, dans les idées religieuses, le pasteur a charge d’âmes, on peut dire que dans la vie commune l’écrivain a charge de caractères. Là se rencontre, pour le poète comme pour le romancier, le devoir de montrer ce que nos misères et nos défaillances peuvent étouffer d’idées généreuses, et même ce que certains enthousiasmes irréfléchis peuvent compromettre de vérités qu’on n’oublie jamais impunément. La littérature n’y aurait pas sa raison d’être, qu’elle y trouverait encore son propre intérêt.
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Eugène Lataye Académie Française. — Réception de M. Jules Sandeau

La vérité, c’est que, sans vouloir que le roman se présente comme un sermon délayé dans l’anecdote, l’Académie demande seulement, qu’il satisfasse aux véritables conditions de l’art, sachant bien que l’art et la littérature sont dans leur essence parfaitement en rapport avec la morale, et qu’un sujet sainement conçu et sévèrement exécuté ne peut en même temps élever l’esprit et pervertir le cœur.
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Eugène Lataye Académie Française. — Réception de M. Jules Sandeau

Quant au cœur et à l’esprit, c’est le droit de l’écrivain de leur tendre des pièges ; c’est à nous en même temps de nous défendre et de nous rassurer, et si nous sommes enivrés, en revanche ne sommes-nous point avertis par ces grandeurs, ces misères, ces fatalités de la passion ? Les tyranniques exigences du cœur nous attirent, il est vrai, plus qu’elles ne nous effraient
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