Résumé

Eugène Welvert Marquis de Ségur. Julie de Lespinasse…

Or, si les femmes qui meurent d’amour sont nombreuses sur la scène et dans les romans, je n’ai pas besoin de dire qu’elles sont plus rares dans la réalité ; et s’il en est qui aiment sans retour et sans arrière-pensée, encore une fois, ce n’est pas dans le Paris du temps de Mlle de Lespinasse qu’il faut les aller chercher. Alors que, tout le long du siècle, l’amour ne devait être chez nous qu’une grimace continue, cette amoureuse-ci montra qu’elle avait une âme, et elle la montra toute nue, toute frémissante de vie, de passion et de vérité.
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Eugène Welvert Marquis de Ségur. Julie de Lespinasse…

Mais de combien de femmes, même au XVIIIe siècle, ne pourrait-on pas en dire autant et davantage ? Combien lui furent égales ou supérieures par les qualités, — dirais-je aussi les défauts ? — qui font l’éternel attrait de l’éternel féminin ? Non, le mérite de Mlle de Lespinasse n’est pas là, ou du moins n’est pas là tout entier, tant s’en faut. Ce qui fait d’elle une physionomie à part dans la galerie des femmes de son siècle, c’est qu’elle fut une amoureuse ?
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Eugène Welvert Marquis de Ségur. Julie de Lespinasse…

M. de Ségur est de ceux qui auront eu le mérite de réagir contre le fléau. Assise sur un fond solide de documents, sa composition est comme portée par eux, tout naturellement, sans effort et sans artifice. Il parle une langue sobre, simple et discrète, en homme persuadé que, pour faire entendre « le plus fort battement de cœur du siècle », il n’a pas besoin de battre lui-même la grosse caisse.
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