Louis Hémon

Louis Hémon

Résumé

Portrait de Louis Hémon Louis Hémon La Rivière

L’eau est chaque jour plus froide, et, chaque jour plus nombreuses, on voit les feuilles jaunies descendre au long de la rivière. Le jour se meurt quand j’arrive, et, par certains soirs brumeux et gris, il fait si sombre qu’on sent déjà la nuit prochaine. Mais je sens ma force en moi, et je remonte sans hâte vers le tertre planté d’arbres, d’où je regarde agoniser la lumière.
C’est alors qu’il fait bon jouer dans l’eau, quand les moindres remous se teintent de reflets orange, et que les troncs des ormeaux montent comme des colonnes noires, dans le ciel attendri
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Portrait de Louis Hémon Louis Hémon La Rivière

Vous ne savez pas ce que c’est que de filer dans l’eau claire, en un coin de rivière qui semble si loin du monde qu’on s’y sent l’âme libre et sauvage d’un primitif ; vous ne savez pas ce que c’est que de descendre trois cents mètres de courant en « over-arm » nagée à toute allure, quand des mois d’entraînement vous ont fait les membres forts et le souffle long
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Portrait de Louis Hémon Louis Hémon La Rivière

Alors je remonte lentement le long de la berge, tout au bonheur de sentir mes muscles jouer dans l’eau fraîche, jusqu’à la limite de mon empire, un coude de la rivière, que domine, sur un tertre de six pieds, un bouquet d’ormeaux.
Plus loin, c’est une contrée vague et redoutable, où les berges descendent en marécages dans l’eau trouble, qui doit se peupler, pour le nageur, d’herbes mauvaises et de dangers incertains.
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