Résumé

Portrait de Marguerite Audoux Marguerite Audoux La Nouvelle Revue Française

Berthe Méténier souriait.
Philippe mit ses coudes sur la table, serra ses tempes dans ses doigts et dit, avec une crispation de tout le visage :
— Elle est comme une petite fille, et il y avait un homme qui la battait.
À l’heure du dîner il fallut chercher un restaurant peu éclairé. Il s’en trouva un sur le Boulevard Raspail.
Pendant que Berthe Méténier s’enfonçait tout au bout de la banquette à la table la plus sombre, Charles aida Michel à sortir d’un journal qui l’enveloppait un petit buste en plâtre. C’était la tête merveilleuse de Santa Fortunata. Tous deux l’offraient à leur ami.
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Philippe fit monter Berthe Méténier dans un train prêt à partir. Il l’installa plein d’attention au milieu d’oreillers et de couvertures. Et quand le train fut parti son visage prit une expression ferme et sereine que ses amis ne lui avaient jamais vue.
En ce temps-là, il aimait déjà Marie Donadieu. Il l’aimait d’un amour entier et plein de force. Il la menait le soir sur les boulevards, parce qu’elle aimait le bruit et la lumière des cafés. Il la tenait très serrée contre lui.
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Berthe Méténier arriva par la rue de la grande Truanderie, et tout en regardant à droite et à gauche d’un air peureux elle expliqua qu’elle avait quitté Bubu, qu’elle ne pouvait plus faire ce métier-là, qu’elle en était lasse à en mourir, qu’elle avait essayé plusieurs fois de retourner à l’atelier, mais que Bubu avait toujours su la retrouver. Alors elle avait pensé au seul homme qui s’était montré bon et pitoyable pour elle. Elle voulait quitter Paris, s’en aller n’importe où, et elle suppliait Charles-Louis Philippe de l’aider et de la conseiller.
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