Mme La Marquise Luisa de Santa-Pé

Résumé

Mme La Marquise Luisa de Santa-Pé Heures du soir

Bellica, fière de son amour et trop franche pour feindre, eût sacrifié sa réputation même à son amant. Mais don Celebès, plutôt par égoïsme, avait exigé les plus minutieuses précautions, et une solitude inconnue des humains avait été choisie par lui, comme offrant une parfaite sécurité. Jamais solitude plus profonde ne fut plus propre aux saintes inspirations, comme aux transports de la passion. Dans l’âme comme dans la nature le mal est à côté du bien.
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Mme La Marquise Luisa de Santa-Pé Heures du soir

Elle veut fuir en se rappelant sa parole donnée au solitaire, mais ses pieds semblent collés à la terre. Elle écoute ; une voix de femme frappe son oreille. « Impossible ! » se dit-elle : douter de son amant lui paraîtrait un crime. Elle essaie encore de s’éloigner, mais le trouble qu’elle éprouve a triomphé de sa volonté. Un rayon de la lune éclaire tout-à coup le buisson. Bellica ne peut en croire ses yeux, elle respire à peine. Ô douleur ! don Celebès aux pieds d’une courtisane connue dans Grenade par sa beauté comme par le nombre de ses amans !
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Mme La Marquise Luisa de Santa-Pé Heures du soir

Le corps de Matéo fut retrouvé dans le Gave, soit que le désespoir l’y eût précipité, ou que, sans aucun intérêt dans la vie maintenant, son pas incertain l’y eût fait tomber.
Le lendemain, le pâtre assis, tranquille, non loin du vieux sapin, regardait avec insouciance ses chèvres broutant l’herbe savoureuse et ses hardis chevreaux bondissant sur la crête des rochers ; toute la contrée prit le deuil, et le respect que l’on portait à cette femme, que tous les malheureux chérissaient comme leur bienfaitrice, empêcha de pénétrer le mystère qui avait causé sa mort.
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