Saint-Genest

Résumé

Saint-Genest La carte à payer (1879)

Crie ça, et bêche, mon ami, bêche !
Vois-tu, mon cher Jacques, quand je te regarde avec ton bon dos voûté, ton visage hâlé, ton front ruisselant, quand je pense que c'est toi qui es le nombre, que c'est toi qui es le travail, que c'est toi qui es l'épargne, que c'est toi qui es la «sueur,» et que tu te laisses conduire par une bande de quatre farceurs qui ne veulent ni épargner, ni travailler, ni suer... je te plains !
On dit que ton frère l'ouvrier est aussi dupe que toi? Ce n'est pas vrai. L'ouvrier fait bien les révolutions
Source : Gallica

Saint-Genest La carte à payer (1879)

Il est vrai que ça te coûtera gros. Comme garde-malades, institutrices et instituteurs, amènent toute une famille après eux, tu auras tout ce monde-là à nourrir. Puis, te auras toutes les écoles à bâtir, la concurrence à soutenir, si bien qu'au bas mot, les républicains estiment ça à 200 millions.
Dame, c'est le cadeau de joyeux avénement de la nouvelle République. Chacune s'en fait un comme ça ; la République de Février t'avait donné les 45 centimes, celle-ci te donne l'Article 7.
Et maintenant que tu l'as, tu es content, n'est-ce pas, Jacques?
Source : Gallica

Saint-Genest La carte à payer (1879)

La grande différence, c'est que ceux qui te les prennent sont des républicains.
Jadis, on te disait que le monde était mal fait; que c'était injuste qu'il y eût des grands et des petits, des riches et des pauvres... que c'était abominable de te voir, toi, et ton frère l'ouvrier, travailler tout le jour, pendant que bourgeois et seigneurs se prélassaient dans leur château ; qu'avec la République, les choses seraient remises à leur place
Source : Gallica

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