Émile Verhaeren,
SOIR D’AUTOMNE
“ Où l’on entend leurs cris et leurs spasmes de bruit. Immensément la nuit, Et les forêts ployer et s’agiter soudain Comme des dos, à coups de reins. Par les fourrés, les chiens maraudent, Une odeur lourde et chaude Grise la plaine et redresse debout Le rut universel qui monte et s’enfle et bout Dans les fureurs de la nature en rage ; Avec l’automne ivre et sauvage De l’Est à l’Ouest, du Sud au Nord, Le vent houleux s’accouple à mort. « Eh la lune garde à vous ! » Les chiens hurlent comme des loups ! ”
