Résumé

Dr Edwards Revue des Deux Mondes

Au mois de novembre 1820, le Congrès appareilla de l’embouchure de la rivière de Canton pour Manille. L’année d’avant, nous avions perdu dans ces parages beaucoup de monde de la dyssenterie des tropiques, mais aucun cas de choléra ne s’était manifesté à notre bord. Ce fléau avait, dans l’intervalle, éclaté à Manille, et quand nous y arrivâmes, il y régnait depuis deux mois avec une violence extrême.
Les naturels, qui formaient la majeure partie de la population, furent les plus maltraités par l’épidémie.
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Des officiers et des marins se rendaient journellement à Manille, où personne ne croyait à la contagion. Les naturels, dans leur rage contre les Européens, en avaient pris plusieurs de bien portans, et les avaient tenus durant des heures entières renfermés, avec les mourans pour leur donner le mal, convaincus qu’ils étaient, qu’en le leur communiquant, ceux-ci en guériraient. Toutefois aucun d’eux ne le gagna. Ce résultat et beaucoup d’autres que je pourrais citer tendant à prouver que le choléra n’est pas contagieux.
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L’épidémie, à ce qu’il paraît, avait exercé beaucoup plus de ravages dans les faubourgs que dans l’intérieur de la ville.
Le premier cas de choléra se manifesta à bord du Congrès le 2 décembre. Un matelot, nomme Dunn, âgé de cinquante ans, et qui n’avait point été à terre, mais qui souffrait depuis long-temps de la dysenterie, devint tout-à-coup plus malade, éprouva des vomissemens et des spasmes dans les muscles des doigts de pied, qui gagnèrent graduellement les grands muscles des extrémités inférieures, et s’étendirent enfin à tout le corps.
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